• Revue : Bibliothèque de l'École des chartes (155)
  • Pages : p. 11-44

Résumé

Loin de marquer une régression juridique ou culturelle, les modifications de la documentation diplomatique dans les années 950-1050 révèlent une gestion parfois routinière, souvent avisée de l'écrit mémorial. La baisse quantitative des actes est un leurre; la prétendue anarchie des formes n'est que le reflet d'un nouveau rapport écrit. L'abandon définitif des solutions importées de l'Antiquité s'accompagne d'une prise de parole par les clercs, qui achèvent de médiatiser la mise par écrit, étouffent ou occultent la production des anciens rédacteurs professionnels, limitent le champ des actes passés entre particuliers (sauf pour les chartes de douaire), imposent des formulaires littérairement brillants, aussi particularistes originaux. Loin être abandonné, l'écrit explore à tâtons de nouvelles voies, propose des combinaisons inédites avec l'oral et avec le geste. La mémoire écrite diversifie les supports (objets, livres liturgiques et domaniaux...), renforce des archives qui lui donnent autorité; mais elle reste fragile et sera facilement balayée par les exigences nouvelles de la fin du XIe siècle.

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